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Avatars de Nerval

Heredien

Alain Zalmanski

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Voir aussi :
Adduction 1
Adduction 2
Adduction 3
Adduction 4
Adduction 5
Adduction 6
Auto-adduction
Chimère
Dépecé
Deux réponses
Épitaphe
Greffes
Lépidoptère

El Conquistador

Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé,
Fatigué de porter mes misères hautaines.
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Rend pâlots et moqueurs routiers et capitaines.

Je m'en vais conquérir le fabuleux métal
Que Pausilippe abrite en la mer d'Italie
Et la treille où le pampre à la rose s'allie
Aux bords mystérieux du monde occidental.

Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
J'espère chaque soir des lendemains épiques
Sous l'azur lactescent de la mer des Tropiques.

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron
Penché tout à l'avant des blanches caravelles
Pour pêcher dans l'Enfer des étoiles nouvelles.

Jean-Marie de Nerval


Il Lacerato

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Le Prince d'Aquitaine à la tour abolie
Partait, ivre d’un rêve héroïque et brutal,
Fuyant le soleil noir de la mélancolie.

Désertant le tombeau qui l'avait consolé,
Il visait Cipango et ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient ses antennes
Vers la fleur qui plaisait à son cœur désolé.

Le front tout rouge encor du baiser de la reine,
Il rêvait de Palos où nage une sirène
Enchantant son sommeil d'un mirage doré

Ou, penché en avant, sur la lyre d'Orphée,
Il entendait monter en un ciel ignoré
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

Gérard de Hereédia


Deux versions complémentaires obtenues en mélangeant des vers de El Desdichado avec ceux de Les Conquérants de José-Maria de Heredia (1842-1905).


© Alain Zalmanski – 2021